30 juin 2008
Il restait 10 kilomètres
Dimanche, 13 heures. Nous sommes encore à l’apéritif.
Je prends mon téléphone et j’appelle.
Dans le sud, les orages ont cessé, le soleil est revenu. La chaleur avec. Ils sont aussi à l’apéritif. La fin des vacances approche. Ils seront de retour chez eux mercredi, en fin d’après-midi. Ils ne manqueraient l’anniversaire de ma fille samedi prochain pour rien au monde (mes enfants sont un peu les petits-enfants qu’ils n’auront jamais). Ils m’appelleront sans faute dès leur arrivée. Je leur souhaite bonne route, ils me souhaitent une bonne fin de week-end.
Une conversation banale comme il y en a des milliers chaque jour.
Mercredi, 18 heures.
Le téléphone sonne et je décroche.
Ils ont bien roulé. Ils viennent à l’instant de sortir de l’autoroute. Ils seront chez eux dans une vingtaine de minutes. Ils me demandent confirmation de l’heure d’arrivée pour samedi. 19 heures, ce sera parfait. Je leur souhaite bon courage pour défaire leurs valises, ils me souhaitent bon courage pour la fin de semaine de travail.
Une conversation banale comme il y en a des milliers chaque jour.
Lundi, 14 heures.
Mon téléphone est éteint. Je ne veux pas qu’il sonne.
Ma fille n’a pas eu son cadeau.
Les cloches se taisent. L’abbé prend la parole.
Ils sont là, devant moi, réunis à jamais. Je m’assieds. La foule aussi…
Edit du lendemain : la conversation du dimanche est réelle mais la suite est fictive. Je l'ai rêvée dans la nuit du dimanche, puis je l'ai écrite dès le lundi matin. Inutile de vous dire que j'attendais le coup de fil du mercredi avec impatience. Quand ils ont appelé, je leur ai fait confirmer une seconde fois qu'ils étaient réellement chez eux. Puis j'ai attendu le samedi soir de les voir en chair et en os...
J'ai eu mauvaise conscience toute la semaine en imaginant que si mon rêve avait été prémonitoire, je n'avais rien fait pour tenter de modifier le cours des choses. C'est donc par superstition que je n'ai posté ce billet qu'hier.
Maintenant, vous devez très certainement m'en vouloir d'avoir joué avec vos émotions, de vous avoir laisser croire. J'ai simplement voulu vous le présenter de la même façon que je l'ai ressenti, sans artifice. Vous avez le droit de me conspuer, de me boycotter, voire de me supprimer de votre blogroll. Je comprendrai.
29 novembre 2007
C'est comme ça
Le petit train
S'en va dans la campagne
Va et vient
Poursuit son chemin
Petit train
Où t'en vas-tu?
Train de la mort
Mais que fais-tu?
Le referas-tu encore?
Reverra-t-on une autre fois
Passer des trains comme celui-là?
C'est pas moi qui répondra
Je sais, je suis le multi-millionième à faire un hommage.
J’ai appris la nouvelle devant le journal télévisé.
Un froid est tombé, un silence, une chair de poule.
Je suis triste.
Triste pour lui, pour sa compagne, ses enfants.
Triste aussi car c’est une partie de mes souvenirs des années 80-90 qui s’en vont.
Triste car je les écoutais pour me donner la pêche, je ne suis plus certain du résultat aujourd’hui.
Triste car ils avaient su revenir en force comme seuls les grands savent le faire.
Adieu et merci.
